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Physalis bio antioxydant naturel puissant

Profil santé de la cerise de terre

La cerise de terre se prête bien à la confection de confitures, de gelées et de compotes. Les composés qu’elle contient auraient des effets antibactériens, anticancer et anti-inflammatoires.

Physalis bio antioxydant naturel puissant
Physalis bio antioxydant naturel puissant

Les bienfaits de la cerise de terre

La cerise de terre consommée au Québec porte le nom latin Physalis pruinosa. Or, aucune étude scientifique n’a porté sur cette variété particulière. La plupart des recherches, dont celles présentées ci-dessous, ont été réalisées avec des variétés retrouvées en Europe, en Asie ou en Amérique du Sud (Physalis angulata,Physalis minima et Physalis peruviana). De plus, les extraits de la plante utilisés dans les différentes études concernent le plant entier et non seulement le fruit. Bienfaits divers. La cerise de terre est utilisée en médecine populaire pour traiter plusieurs affections comme l’asthme, l’hépatite, la malaria et les rhumatismes. Des extraits provenant de feuilles de cerise de terre (utilisées traditionnellement au Congo) auraient démontré une forte activité contre le parasite plasmodium, responsable de la malaria19. Cancer. Plusieurs études in vitro ont démontré l’efficacité d’extraits de cerise de terre pour inhiber la croissance de différentes cellules cancéreuses humaines (foie3, poumons11,12, ovaires13, sein14). Des études cliniques seront toutefois nécessaires pour savoir si la simple consommation de cerises de terre a un effet contre le cancer chez l’humain. Inflammation. Des extraits de cerise de terre ont produit une diminution de l’oedème et eu des effets anti-inflammatoires chez des souris et des rats atteints d’arthrite et de dermatite6,15,16. Des composés isolés à partir de la racine de la cerise de terre auraient également des effets anti-inflammatoires en diminuant entre autres la production de composés qui causent l’inflammation17. Immunité. Des composés issus d’extraits de cerise de terre auraient la capacité d’influencer la réponse du système immunitaire7,18. Les chercheurs laissent entendre qu’ils auraient un potentiel intéressant pour remplacer certains médicaments immunosuppresseurs (utilisés, par exemple, pour le traitement d’allergies ou de maladies auto-immunes), sans présenter d’effets secondaires importants. Effet antimicrobien. Des extraits de cerise de terre ont montré une activité antimicrobienne in vitro contre certaines bactéries, dont celle de la tuberculose8,9. Certaines physalines contenues dans la cerise de terre joueraient un rôle majeur dans cet effet antimicrobien, en se liant aux parois cellulaires de la bactérie pour inhiber sa croissance. Que contient la cerise de terre? Antioxydants. Les antioxydants sont des composés qui réduisent les dommages causés à l’organisme par les radicaux libres. Ils contribuent à prévenir l’apparition des maladies cardiovasculaires, de certains cancers et de diverses maladies chroniques. Des chercheurs ont démontré que la cerise de terre pourrait avoir un intéressant pouvoir antioxydant1. D’autres ont conclu que certains extraits de la cerise de terre démontraient un pouvoir antioxydant in vitro équivalant ou parfois même supérieur à celui de la vitamine E (un antioxydant naturel)2. Certains flavonoïdes et d’autres composés encore inconnus pourraient contribuer à l’activité antioxydante de la cerise de terre. Bêta-carotène. Les cerises de terre contiennent du bêta-carotène, un antioxydant de la famille des caroténoïdes qui peut être converti en vitamine A dans l’organisme. Le bêta-carotène est le caroténoïde dont la conversion en vitamine A est la plus efficace. La vitamine A favorise la croissance des os et des dents, favorise une bonne vision, maintient la peau en santé et protège contre les infections. Physalines. Les physalines sont des stéroïdes caractéristiques des cerises de terre (Physalis). Les effets anticancer de la cerise de terre leur seraient en partie attribuables. Les physalines ont démontré in vitro leur efficacité pour inhiber la croissance de plusieurs cellules cancéreuses humaines (côlon, poumons, foie, larynx et globules blancs4,5). On leur devrait aussi en partie certains effets antibactériens et anti-inflammatoires. Fait intéressant, les physalines agiraient de façon différente de la dexamethasone (un médicament anti-inflammatoire) et n’auraient possiblement pas les mêmes effets secondaires. Elles auraient également un effet sur l’activation et la prolifération des cellules du système immunitaire. La toxicité potentielle des physalines sous forme concentrée reste toutefois à déterminer, de même que l’efficacité de la simple consommation de la cerise de terre. Phytostérols. En plus d’être une source d’acides gras essentiels et de vitamine E, l’huile extraite de la cerise de terre entière contient des phytostérols en quantité élevée10. Ces composés présents dans les végétaux sont d’un intérêt croissant étant donné leur activité antioxydante et leurs effets positifs sur la santé cardiovasculaire. L’huile de cerise de terre pourrait donc présenter une opportunité pour l’élaboration de nouveaux aliments fonctionnels.

Idées recettes

Ajoutez la cerise de terre aux salades de fruits. Dans les sorbets, les glaces ou les granités. Dans les tartes, les clafoutis et autres gâteaux renversés. Dans les ketchups et chutneys. En coulis ou en mousse. Repliez l’enveloppe et trempez le fruit dans du chocolat fondu, du caramel ou un glaçage. Très riche en pectine et en pectinase, le jus du fruit mûr se prête particulièrement bien à la confection de gelées et de confitures. On pourra s’en servir pour les sauces et les glaces destinées à rehausser les viandes ou les fruits de mer. On peut cuire le fruit en compote avec du miel, comme on le fait en Colombie. On le sert au dessert avec de la crème glacée ou du yogourt nature. On peut l’employer à la place des raisins frais dans la cuisson de la caille. Séchée, elle ressemble à un raisin sec et se prête aux mêmes emplois culinaires.

Choix et conservation

Choisir La cerise de terre ne se retrouve sur le marché que durant l’été et l’automne. À d’autres moments de l’année, on peut trouver dans les boutiques spécialisées des groseilles du Cap importées, mais elles sont très chères. Les fruits immatures étant difficiles à digérer, ne consommez que ceux qui sont d’un beau jaune doré. Laissez mûrir les autres pendant 1 ou 2 semaines. Quelques entreprises offrent le fruit séché. Conserver Réfrigérateur ou cave fraîche. Le fruit peut se conserver de nombreuses semaines au frais, à la condition que son enveloppe soit intacte et qu’on ait pris soin de le faire sécher quelques jours au soleil après la récolte. Congélateur. Enlevez l’enveloppe des fruits et disposez ces derniers sur une plaque que vous mettrez au congélateur 1 heure ou 2 avant de les enfermer dans un sac hermétique et de les remettre à congeler. Déshydrateur. Le fruit se sèche facilement au déshydrateur ou au four réglé à très basse température.

La petite histoire de la cerise de terre

Noms communs : cerise de terre, groseille du Cap, amour en cage, alkékenge, cerise en chemise, coqueret, coccigrole, herbe à cloques, cerise d’hiver, cerise des Juifs, mirabelle de Corse, battre-autour, poc-poc, etc. Noms scientifiques : Physalis pruinosa, Physalis peruviana et Physalis angulata. Famille : solanacées. La cerise de terre n’est en réalité ni cerise, ni groseille, ni mirabelle. Le fruit est, en fait, beaucoup plus proche de la tomate, une cousine appartenant à la même famille (solanacées). Le terme « alkékenge » est apparu dans la langue française au XIVe siècle. Ce mot vient de l’ancien français « alquequange » ou « alcacange », qui dérive de l’arabe al-kakang. Dans son sens étroit, il désigne la lanterne chinoise, plante ornementale de l’espèce P. alkekengii dont les fruits sont enfermés dans une enveloppe d’un orange vif. Toutefois, dans la langue populaire, le mot peut désigner n’importe quelle plante du genre physalis. Le genre physalis comprend une centaine d’espèces distribuées dans toutes les régions tropicales, sous-tropicales et tempérées du monde. En Amérique centrale et en Amérique du Sud, il en pousse de nombreuses espèces sauvages et cultivées. La cerise de terre (P. pruinosa) vient de l’Est des États-Unis. La groseille du Cap (P. peruviana), contrairement à ce qu’indique son nom, vient des Andes péruviennes et chiliennes. Aliment mineur dans la plupart des cultures, le fruit des physalis n’a guère fait l’objet d’études archéologiques et paléontologiques, si bien qu’on ignore à peu près tout de l’histoire de la plante et de son évolution. On sait que les Incas connaissaient la groseille du Cap et qu’ils la consommaient très certainement, mais là s’arrêtent nos connaissances. On retrouvera la plante dans les jardins botaniques de l’Europe au XIXe siècle, puis dans les jardins privés. À part l’alkékenge (P. alkekengi), recherchée pour ses clochettes orange, la plante suscitera un intérêt mitigé, considérée à mi-chemin entre la mauvaise herbe et la plante cultivée. Il est vrai qu’elle s’installe facilement dans les cultures et accapare les précieux minéraux dont les autres plantes ont besoin pour croître. En outre, contrairement aux autres plantes comestibles de la famille des solanacées (poivron, tomate, aubergine), les sélectionneurs ne s’y sont guère attardés. Ainsi, il existe peu ou pas de cultivars présentant les caractéristiques qui permettraient de la cultiver à grande échelle. Bien qu’abondante, la récolte doit se faire à la main, un travail long et fastidieux qui exige une main-d’oeuvre importante. Enfin, la saveur du fruit peut varier considérablement d’une variété à l’autre. La groseille du Cap (P. peruviana) a tout de même été introduite dans de nombreuses régions du monde, notamment en Afrique, en Chine, en Inde, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Malaisie, où on la cultive commercialement depuis au moins 200 ans. Malgré tout, son potentiel reste nettement sous-exploité. À Hawaii, elle a fait l’objet d’une culture intensive, pour ensuite pratiquement disparaître des champs. On a également tenté de la cultiver en Israël, mais les consommateurs n’ayant guère montré d’enthousiasme, on l’a remplacée par des plantes plus rentables. La même chose s’est produite pour la cerise de terre (P. pruinosa) qui a connu un succès mitigé, sauf chez les jardiniers amateurs qui, de tout temps, la cultivent et l’apprécient. Toutefois, depuis une dizaine d’années, la demande pour les produits du terroir ne cesse de croître tant en Amérique du Nord qu’en Europe. Confitures, gelées et liqueurs sont offertes dans les boutiques spécialisées, et le petit fruit figure désormais sur les meilleures cartes.

Jardinage biologique

Au Québec, la cerise de terre pousse mieux que la groseille du Cap. La culture de cette dernière peut tout de même être tentée en sachant que les résultats pourraient être décevants. Semez en bac à l’intérieur, de 4 à 6 semaines avant le dernier gel prévu. On peut aussi semer directement au jardin quand le sol est réchauffé, mais la récolte sera moins abondante. Transplantez quand le risque de gel est passé, en espaçant les plants de 45 cm à 60 cm dans le rang et de 1 m entre les rangs. La cerise de terre tolère un peu d’ombre, mais a besoin tout de même de soleil pour mûrir son fruit. Évitez de trop engraisser la terre, au risque de favoriser le développement du feuillage au détriment du fruit. On peut tuteurer les plants de cerises de terre, mais ce n’est pas impératif, contrairement à la groseille du Cap, qui nécessite un bon support et une taille régulière.

pH : indifférent

Il ne faut pas forcer sur l’irrigation, la plante préférant les sols plutôt secs, mais on arrose en cas de sécheresse prolongée. Grâce à son enveloppe, le fruit possède son propre système de protection contre les insectes et les maladies. Sans être infaillible, ce système est fort efficace. Par contre, la chrysomèle rayée s’attaque aux fleurs et aux feuilles. Pour limiter les dégâts, traitez à la roténone. Pour la récolte, on peut disposer des toiles sur le sol et secouer les plants pour faire tomber les fruits mûrs.

Écologie et environnement

Toutes les plantes du genre physalis constituent un excellent couvre-sol et protègent les terres à nu contre l’érosion. Peu exigeante en fertilisants et en eau, la plante s’établira rapidement sur les sols sablonneux ou rocailleux. Par contre, une fois établie, elle peut être difficile à éradiquer. Il faut donc s’assurer que l’endroit qu’on a choisi pour l’installer ne soit pas destiné à une autre activité agricole à court terme. Dans le Sud, elle est considérée comme une mauvaise herbe, particulièrement dans les champs de maïs. Au Québec, il existe une variété sauvage de petite taille (P. heterophylla) qui convient tout particulièrement comme couvre-sol et dont le fruit mûr est comestible.